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Mansfield

 

Éric MANSFIELD

 

AU BOUT DES AVICENNIA MORTS, poésie

 

Le Vert-Galant éditeur, 2007 - ISBN 978-2-84846-061-1

 

10 euros

 

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« Au bout du petit matin… »

« Au bout des Avicennia morts… »

 

Comment ne pas entendre résonner ici la phrase liminaire du célèbre Cahier d’un retour au pays natal, tel un hommage implicite rendu à Aimé Césaire, le premier à dénoncer les visions idylliques des paysages antillais comme autant de masques trompeurs destinés à cacher les ravages de la colonisation et de l’Histoire ? En 1939, les images occidentales et doudouistes paradisiaques éclataient alors avec violence sous sa plume révoltée. Et le monde découvrait alors

« au bout du petit matin bourgeonnant d’anses frêles les Antilles qui ont faim, les Antilles grêlées de petite vérole, les Antilles dynamitées d’alcool, échouées dans la boue de cette baie, dans la poussière de cette ville sinistrement échouées. »

 

Soixante ans plus tard, les Antilles, devenues département français, ont ouvert leurs portes à la déferlante de la civilisation et des technologies modernes. Cependant, à l’orée du poème d’Eric Mansfield, un chant de désespoir semble à nouveau s’élever. Comme si rien n’avait vraiment changé ; ou plutôt, comme si les changements n’avaient fait qu’aggraver l’état du pays.

 

* * *

 

Eric Mansfield : décrire le sens caché des choses

 

 

« Au bout des avicennia morts... », voilà pour le titre du premier ouvrage de poésie publié de Éric Mansfield. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant l’auteur traîne sa plume depuis plusieurs années déjà dans le monde de la littérature locale. De 1995 à 1999, plusieurs de ses textes sont

pliés dans la revue «Poésie première ».

Éric Mansfield a par ailleurs été prlmé par l’association des écrivains et artistes martiniquais en1982.

Ce docteur es littérature comparée, dont la thèse, soutenue en 2006, a porté sur « La symbolique du regard : regardants et regardés dans la poésie antillaise d’expression française 1945-1982 — Martinique, Guadeloupe, Guyane » (consultable à la bibliothèque Schoelcher et à la Bibliothèque Universitaire), est un ardent défenseur de la nature.

Protéger l’environnement : une mission

« Très jeune j’ai été intéressé par la littérature et les livres notamment le surréalisme », explique Éric Mansfield. Influencé par les poètes et essayistes martiniquais Aimé Césaire, Édouard Glissant, René Ménil, il poursuit sur la trace de ses pairs, s‘inspirant de la nature pour exprimer sa volonté de décrire le beau. Au final, avec des mots clairs, une poésie belle et riche, l‘auteur nous donne à apprécier un message de protection de la nature et de défense de l’environnement.

J’essaie de dégager une poétique de la nature en travaillant l’univers du symbole. Dans la nature il y a des éléments qui ont une certaine force, les symboles sont le moyen de rendre compte de cette essence », poursuit-il en terme d’explication. Parmi ses autres influences, il aime à citer Roger Parsemain de la Martinique ou Willy Alante-Lima de la Guadeloupe.

« J’essaie d’aborder ce qui se cache sous les choses. De décrire ce que l’on ne voit pas », conclut-il dans un seul souffle. « Au bout des avicennia morts » se veut ouvrage pédagogique et scientifique. Il peut aussi être lu et travaillé au collège et au lycée, entre autres sur le thème de l’environnement. Bonne lecture à tous !

R.E.

 

NB. Avicennia est un genre de plante de la famille des Acanthaceae vivant exclusivement dans les mangroves.

 

(Article paru dans "France-Antilles" 04/09/2008)

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